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View Full Version : Austerlitz, le chef-d'oeuvre tactique de Napoléon Ier


Felix the Cat
12-03-2005, 01:04 AM
Austerlitz, le chef-d'oeuvre tactique de Napoléon Ier (http://www.lefigaro.fr/cgi/edition/genimprime?cle=20051202.FIG0336)

Les commémorations du bicentenaire de la bataille d'Austerlitz ont commencé vendredi par une «marche de guerre» sur le plateau enneigé de Slavkov, dans l'est de la République tchèque. Plus de 3.500 volontaires russes, espagnols, anglais, français ou autrichiens se trouvent sur place, pour participer à la grande reconstitution, prévue samedi, de cet épisode guerrier qui demeure, dans les livres d’histoire, le grand chef-d’œuvre tactique de Napoléon Ier.

Le 2 décembre 1805, à Austerlitz, en République Tchèque actuelle, 71.000 soldats de la Grande armée mirent en déroute en moins de six heures les 91.OOO hommes des forces russe et autrichienne. L'affrontement laissa 19.000 morts et blessés du côté des vaincus, 9.000 en face, sans oublier les prisonniers.

La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie assiste ce vendredi à une cérémonie sur le lieu même de la bataille, en République tchèque tandis qu'à Paris la bataille d'Austerlitz doit être célébrée dans la soirée place Vendôme, par une cérémonie militaire et un spectacle son et lumières en présence d'un bataillon de l'Ecole de Saint-Cyr et des drapeaux et étendards des régiments de l'armée de Terre ayant participé à la bataille en 1805.

La bataille d'Austerlitz est considérée par les experts comme le chef d'oeuvre tactique le plus abouti de Napoléon Ier. Dans les jours qui précèdent la bataille, Napoléon Ier convainct les forces de la coalition (91.000 hommes) commandées par le prince Koutouzof, qu'il est en train de battre en retraite afin de les attirer, en fait, sur le terrain qu'il a choisi pour engager le combat avec ses 71.000 soldats: le plateau de Pratzen, à une centaine de km au nord de Vienne.

Napoléon n'a laissé aucun ouvrage de référence sur sa pensée stratégique mais ses proclamations, ses ordres aux armées et sa correspondance montrent la cohérence de son système, en vingt ans de campagnes, depuis le général Bonaparte, nommé en 1795 commandant de l'armée d'Italie jusqu'à l'empereur Napoléon, vaincu en juin 1815 à Waterloo.

Supériorité en hommes et en matériel à l'endroit exact où sera provoquée la rupture du dispositif ennemi, mobilité avec des bivouacs légers plutôt qu'avec des camps installés, concentration des feux d'artillerie, renseignements très précis sur les mouvements adverses, système divisionnaire alliant rapidité du mouvement avec concentration des forces, relation étroite avec ses soldats: ces principes immuables alliés à un pragmatisme constant en fonction du terrain fondent la stratégie napoléonienne dont Austerlitz reste la meilleure référence.

Une dizaine de jours avant de livrer bataille, Napoléon fait reculer ostensiblement plusieurs dizaines de milliers de ses hommes devant Koutouzof. Dans le même temps, il demande à Bernadotte, en arrière-garde, et à Davout, qui se trouve à Vienne, de se préparer à le rejoindre.

Le 1er décembre, alors qu'il est parfaitement au courant des mouvements de Koutousov, l'empereur français parvient à concentrer toutes ses forces dans la plus grande discrétion, les divisions de Bernadotte et de Davout se joignant à celles de Lannes, Soult et Murat.

Dans la journée, les troupes austro-russes gagnent le plateau de Pratzen, à l'est d'Austerlitz là où Napoléon les attend. Dans la nuit, l'empereur parcourt les bivouacs et explique sa manoeuvre à ses soldats: "les positions que nous occupons sont formidables et pendant qu'ils marcheront pour tourner ma droite, ils me présenteront le flanc".

Le 2 décembre, jour choisi par Napoléon pour livrer bataille, marque le premier anniversaire de son couronnement, les soldats allument des torches et acclament Napoléon aux cris de "Vive l'empereur, vive le petit tondu".

A l'aube, dans le brouillard et le froid, les forces de Koutouzov entament leur marche pour déborder Napoléon sur son aile droite. A 9H00, le brouillard se dissipe, le "soleil d'Austerlitz" perce, Napoléon lance les divisions de Soult à l'assaut du plateau de Pratzen et coupe, comme prévu, en son centre l'armée de Koutouzof.

Malgré plusieurs contre-attaques de la garde impériale russe, le centre du dispositif de Koutouzof est enfoncé. Napoléon fait donner son artillerie sur les étangs gelés, où l'aile gauche de Koutouzof reflue.
La victoire française est totale. Les alliés comptent près de 20.000 morts, les Français, qui ont fait des milliers de prisonniers, moins de 9.000 morts et blessés.

Le lendemain, Napoléon écrit dans son ordre du jour à l'armée: "soldats, je suis content de vous. Il vous suffira de dire ‘J'étais à la bataille d'Austerlitz’ pour que l'on réponde ‘Voila un brave’".