Felix the Cat
03-10-2006, 05:20 PM
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-749476@51-749583,0.html
Plus d'un millier d'émigrés clandestins sont morts noyés depuis le début de l'année en tentant de rejoindre les îles Canaries, a affirmé, mercredi 8 mars, le chef de la division Afrique de la Croix-Rouge espagnole, Jaime Bara. Officiellement, le nombre des victimes recensées par Madrid est de 106. "En réalité, il est dix fois plus élevé", fait valoir le responsable de l'organisation non gouvernementale espagnole.
Les informations du représentant du Croissant-Rouge mauritanien, Ahmedou Haya, vont dans le même sens. "Chaque jour, près de quatre-vingts clandestins quittent la Mauritanie pour les Canaries, explique-t-il au Monde. Sur ce total, nous estimons que 40 % d'entre eux n'arrivent jamais à destination. Certains accostent au Sahara occidental, les autres périssent en mer."
Le fait est que les îles Canaries, espagnoles par l'histoire mais situées au large des côtes du Sahara occidental, font face à un afflux d'émigrés en provenance d'Afrique subsaharienne. Au cours des deux premiers mois de l'année, près de 2 000 clandestins ont débarqué sur le chapelet d'îles, étape capitale vers l'Europe, soit autant que pendant les six premiers mois de l'année passée, selon les statistiques espagnoles.
Conséquence de la politique musclée menée par les autorités marocaines pour décourager l'émigration clandestine depuis le royaume, les filières privilégient désormais comme base de départ la Mauritanie, le maillon faible de la région. Situé au sud du Maroc et du Sahara occidental, le pays a en effet connu un changement de régime qui a quelque peu désorganisé la surveillance des frontières. La Guinée-Bissau et le Sénégal commencent aussi à voir affluer les Subsahariens.
Une enquête confidentielle des services de renseignement espagnols, publiée mercredi par le quotidien espagnol El Pais, décrit en détail le fonctionnement des réseaux clandestins actifs en Mauritanie - au nombre d'une quarantaine. Ils sont toujours contrôlés, selon le document, par des Marocains, qui ont, en quelque sorte, délocalisé leur activité. Les noms de plusieurs chefs de réseaux figurent d'ailleurs dans le document.
Situé à l'extrême nord du pays, la zone de Nouadhibou, où se trouve le plus grand port de Mauritanie, est le lieu où convergent les Subsahariens. Certains arrivent par le sud, d'autres via le nord, à travers le Sahara occidental et son "mur" fortifié, qu'ils traversent, d'après les services de renseignements, espagnols, sans encombre grâce à la complicité d'officiers marocains.
Le rapport évalue entre 10 000 et 15 000 le nombre de Subsahariens éparpillés dans des bourgades du Sahara occidental et le nord de la Mauritanie en attente d'un départ par bateau. L'estimation a été confirmée jeudi 9 mars, par le gouverneur de Nouadhibou, Yayia Ould Mohammed Fall.
A Nouadhibou, avant d'embarquer, chaque clandestin doit payer l'équivalent de 1 000 euros en francs CFA ou en monnaie mauritanienne. Ses papiers d'identité sont détruits et il doit s'engager sous peine de mort (contre lui et sa famille) à ne jamais rien révéler concernant les passeurs et le lieu de départ.
Le début du voyage, long de près de 700 kilomètres et prévu pour durer quatre à cinq jours, s'effectue sur un bateau d'un douzaine de mètres de long chargé d'environ 70 clandestins. Deux moteurs puissants équipent le bâtiment. Le document explique comment des commerçants asiatiques installés à Nouadhibou détiennent une sorte de monopole sur ce type de moteurs marins.
L'embarcation commence par filer plein ouest. A environ 130 kilomètres de la côte, il pique vers le nord en longeant la côte du Sahara occidental.
Une première escale a lieu dans la zone sud du Sahara occidental. Elle permet de se ravitailler en vivres et en carburant et explique la prolifération de certains commerces dans cette zone désertique.
Surtout, les clandestins y sont transférés sur deux embarcations plus petites, les cayucos, qui navigueront de conserve le long de la côte de façon à n'être pas repérées par les radars de la gendarmerie marocaine.
Une seconde escale a lieu à proximité de la ville de Dakhla. Ensuite, cap sur les îles Canaries, point final du périple, avant l'Europe continentale. Avant d'accoster, raconte le rapport espagnol, les clandestins changent de vêtements. Ils mettent ceux que les passeurs leur avaient demandé de placer dans un sac de plastique hermétiquement fermé. Il s'agit de se fondre sans peine parmi la population locale.
Plus d'un millier d'émigrés clandestins sont morts noyés depuis le début de l'année en tentant de rejoindre les îles Canaries, a affirmé, mercredi 8 mars, le chef de la division Afrique de la Croix-Rouge espagnole, Jaime Bara. Officiellement, le nombre des victimes recensées par Madrid est de 106. "En réalité, il est dix fois plus élevé", fait valoir le responsable de l'organisation non gouvernementale espagnole.
Les informations du représentant du Croissant-Rouge mauritanien, Ahmedou Haya, vont dans le même sens. "Chaque jour, près de quatre-vingts clandestins quittent la Mauritanie pour les Canaries, explique-t-il au Monde. Sur ce total, nous estimons que 40 % d'entre eux n'arrivent jamais à destination. Certains accostent au Sahara occidental, les autres périssent en mer."
Le fait est que les îles Canaries, espagnoles par l'histoire mais situées au large des côtes du Sahara occidental, font face à un afflux d'émigrés en provenance d'Afrique subsaharienne. Au cours des deux premiers mois de l'année, près de 2 000 clandestins ont débarqué sur le chapelet d'îles, étape capitale vers l'Europe, soit autant que pendant les six premiers mois de l'année passée, selon les statistiques espagnoles.
Conséquence de la politique musclée menée par les autorités marocaines pour décourager l'émigration clandestine depuis le royaume, les filières privilégient désormais comme base de départ la Mauritanie, le maillon faible de la région. Situé au sud du Maroc et du Sahara occidental, le pays a en effet connu un changement de régime qui a quelque peu désorganisé la surveillance des frontières. La Guinée-Bissau et le Sénégal commencent aussi à voir affluer les Subsahariens.
Une enquête confidentielle des services de renseignement espagnols, publiée mercredi par le quotidien espagnol El Pais, décrit en détail le fonctionnement des réseaux clandestins actifs en Mauritanie - au nombre d'une quarantaine. Ils sont toujours contrôlés, selon le document, par des Marocains, qui ont, en quelque sorte, délocalisé leur activité. Les noms de plusieurs chefs de réseaux figurent d'ailleurs dans le document.
Situé à l'extrême nord du pays, la zone de Nouadhibou, où se trouve le plus grand port de Mauritanie, est le lieu où convergent les Subsahariens. Certains arrivent par le sud, d'autres via le nord, à travers le Sahara occidental et son "mur" fortifié, qu'ils traversent, d'après les services de renseignements, espagnols, sans encombre grâce à la complicité d'officiers marocains.
Le rapport évalue entre 10 000 et 15 000 le nombre de Subsahariens éparpillés dans des bourgades du Sahara occidental et le nord de la Mauritanie en attente d'un départ par bateau. L'estimation a été confirmée jeudi 9 mars, par le gouverneur de Nouadhibou, Yayia Ould Mohammed Fall.
A Nouadhibou, avant d'embarquer, chaque clandestin doit payer l'équivalent de 1 000 euros en francs CFA ou en monnaie mauritanienne. Ses papiers d'identité sont détruits et il doit s'engager sous peine de mort (contre lui et sa famille) à ne jamais rien révéler concernant les passeurs et le lieu de départ.
Le début du voyage, long de près de 700 kilomètres et prévu pour durer quatre à cinq jours, s'effectue sur un bateau d'un douzaine de mètres de long chargé d'environ 70 clandestins. Deux moteurs puissants équipent le bâtiment. Le document explique comment des commerçants asiatiques installés à Nouadhibou détiennent une sorte de monopole sur ce type de moteurs marins.
L'embarcation commence par filer plein ouest. A environ 130 kilomètres de la côte, il pique vers le nord en longeant la côte du Sahara occidental.
Une première escale a lieu dans la zone sud du Sahara occidental. Elle permet de se ravitailler en vivres et en carburant et explique la prolifération de certains commerces dans cette zone désertique.
Surtout, les clandestins y sont transférés sur deux embarcations plus petites, les cayucos, qui navigueront de conserve le long de la côte de façon à n'être pas repérées par les radars de la gendarmerie marocaine.
Une seconde escale a lieu à proximité de la ville de Dakhla. Ensuite, cap sur les îles Canaries, point final du périple, avant l'Europe continentale. Avant d'accoster, raconte le rapport espagnol, les clandestins changent de vêtements. Ils mettent ceux que les passeurs leur avaient demandé de placer dans un sac de plastique hermétiquement fermé. Il s'agit de se fondre sans peine parmi la population locale.